… un restaurant où le client fixe les prix ! Vous avez peut-être entendu parler de ce nouveau concept de restaurant où il n’y a pas de prix convenu à l’avance et où c’est vous qui décidez du montant de l’addition.
Et bien à midi, pour un repas entre chopines, nous avons atterri un peu par hasard dans un de ces fameux restos : le Nico, 84 cours Vitton, dans le 6ème.
Le serveur me l’avait annoncé au téléphone, la pancarte à l’entrée nous l’a confirmé : ici, c’est le client qui décide du prix de son repas (hors vins et apéritifs).
Lorsque nous réalisons le pouvoir incroyable qui nous est donné, nos esprits se mettent à divaguer (on est des filles à l’imagination débridée) : “et si on ne payait pas du tout ? “, “et si on prenait l’entrée, le plat et le dessert pour le prix d’un ticket-resto ?”, “et si les Galeries Lafayette appliquaient le concept de l’open bar ?” : bref, rien que du lourd.
Après avoir bien pouffé de nos bonnes blagues, est quand même venu le moment de payer et là, on fanfaronnait moins.
Je sais pas vous mais je n’imagine pas consommer et partir sans payer, même si le repas était “mauvais” (ce qu’il n’a pas été, loin de là).
C’est très étrange comme impression de manger au resto sans savoir combien cela va nous coûter et encore plus quand on nous laisse la possibilité de fixer le montant de l’addition. Quand on y pense, c’est pareil pour tout : on peut craquer pour des chaussures (un exemple au hasard, hein) mais on regarde quand même l’étiquette avant de les faire siennes, non ? Et notre temps de réflexion est proportionnel au nombre de chiffres. Quoi que j’aime assez l’idée de fixer moi-même le prix des chaussures de mes rêves … Mais là je m’égare.
En tout cas, je trouve l’exercice assez intéressant : cela nous rend acteur de notre consommation, même si au final, on règle le prix qu’on a l’habitude de régler pour un déjeuner.
Force est de reconnaître que le repas était bon, et que le fait de devoir décider du prix nous a amenées à plus nous interroger sur le contenu de nos assiettes et du coup à nous demander à combien on estimait leur contenu. Bref, de réfléchir (si si, ça nous arrive) au vrai prix des choses. Bon, j’avoue, on a aussi essayé de lorgner sur les voisins pour savoir ce qu’ils avaient payé mais même en se tordant le cou, on n’a rien vu.
D’ailleurs, que paie-t-on dans un repas au restaurant ? Le contenu de l’assiette stricto sensu, la présentation des plats, le talent du chef, le décor, l’ambiance, l’amabilité du serveur, la rapidité du service, la convivialité de l’instant ?
En nous laissant libre de fixer un prix à cet ensemble, le restaurateur se met en danger en nous laissant juger de son travail, et rien que pour cela, on n’a pas le droit de payer moins que ce qu’on aurait payé pour un repas sans prise de risques.
Et pareil pour des chaussures finalement …
Et vous, qu’en pensez-vous ?


















