Consom’action

Alors j’ai beau tenir un blog où je parle tout le temps souvent de shopping, j’essaie régulièrement de réfléchir (si si, ça m’arrive) à intégrer des critères de respect de l’environnement, d’achat équitable, d’écologie : en optimisant ma garde-robe (et celles des autres), en faisant du neuf avec du vieux, en achetant du vintage, en customisant des meubles

Même s’il est difficile de concilier addiction au shopping et développement durable, ce n’est pas mission impossible.

C’est pourquoi j’ai demandé à Olivier Canonne, consultant en Développement Durable chez Alteractive, de nous éclairer un peu.

Olivier, que je connais depuis quelques temps maintenant, c’est le seul mec qui va questionner (même pas peur) face à des filles hystériques devant une super promo VPC (genre -30 % sur ton article préféré et – 20 % sur le reste de ta commande, 6 bols colorés en cadeau gratuit et les frais de ports offerts – z’avez reconnu l’enseigne ? – ) de la mort qui tue que tout le monde se bat pour profiter de l’aubaine : « Et c’est fabriqué où ? ». Après l’avoir regardé comme des poules ayant trouvé un couteau (j’adore cette expression), on s’est dit que c’était une question qui méritait d’être creusée !

Mais Olivier ne fait pas que nous donner mauvaise conscience (non parce qu’on l’a passé quand même cette commande, hein : vu qu’on a commandé à plusieurs, on a optimiser les frais de ports, alors na !), il est plein d’idées pour nous aider à consommer mieux.

Alors, on essaie d’en savoir un peu plus ?

1 – Peux-tu nous dire en quoi consiste ton métier ?

Alteractive est une « Société de Services en Développement Durable » (SSDD), qui donne les moyens aux PME de contribuer au Développement Durable (ie RSE) d’une manière authentique, pertinente, cohérente et surtout efficace (tout ça ! ;-)).

Nous pensons que les PME ont de nombreux atouts à faire valoir en termes de RSE, mais manquent de méthode pour approfondir leur démarche et de moyens pour la valoriser. C’est là qu’Alteractive intervient !

2 – Comment appliquer des principes de la RSE dans notre foyer (la RSF quoi) ?

Appliquer les principes de la RSE au sein de notre foyer, c’est en fait intégrer de « nouvelles » préoccupations, d’ordre environnementales, sociales et économiques, dans tous les choix que l’on a à faire, notamment nos achats et consommations.

Pour être un vrai « Consom’acteur » , il suffit souvent de se poser un peu plus de questions avant d’acheter ! (NDLB : déjà qu’on s’en pose plein sur quelle couleur, coupe, modèle choisir, ça va pas nous simplifier la tâche).

En effet, nous sous-estimons souvent le pouvoir fort que l’on détient lorsque l’on est consommateur d’un produit ou d’un service ! On a généralement le choix d’acheter ou non un produit si on sait ou s’il nous parait peu respectueux de l’environnement par exemple, si l’on sait que les conditions de fabrication sont exécrables ou tout simplement si on sait qu’il vient de très loin… et ça vaut pour tous les produits…aussi bien le shampooing, les tomates, et les vêtements…

L’idée générale est d’intégrer de nouvelles données dans le compromis classique Qualité / Prix / Délais…qui devient Qualité / Prix / Délais et… DD (NDLB : DD pour Développement Durable, pour ceux qui ne suivraient pas) ! Le mot compromis est important car même pour faire des « achats responsables », il ne s’agit pas de préférer systématiquement les critères DD au détriment de la qualité et surtout du prix !

3 – En matière de consommation (et plus précisément de « shopping »), et en sachant que tu as à faire à des accros, quels conseils peux-tu nous donner pour respecter ces principes ?

Pour le shopping plus spécifiquement…tu parles à des accros et donc des « serial shoppers » j’imagine… 😉 mais là encore, la prise en compte des aspects DD ne signifie surtout pas ne plus rien acheter ! En effet, cela porterait préjudice aux magasins et donc aux emplois… et donc dégraderait le volet social du développement durable…Par contre, la question de l’utilité des achats est tout de même intéressante à se poser à un moment, quand même… ne serait ce que pour le portefeuille ! (NDLB : est-ce que tous les hommes ont le même discours ?)

Dans les grandes lignes, « acheter responsable » consiste à se poser quelques questions en plus… qui sont globalement les mêmes pour tout type de vêtement.

Par exemple, si j’envisage d’acheter un jeans, je vais considérer 3 volets :

  • Le volet Environnement :
    • Transport : d’où viennent-ils ? Chine, France, Italie, Tunisie, Turquie, Inde… la différence de distance est importante même si le mode de transport compte aussi (avion, camion, bateau…)
    • Matériau : quel tissus utilisé ? coton, coton équitable, autre…
    • Rejets : quel impact de la production sur l’environnement (rejet toxique dans l’eau, l’air, etc.)
  • Le volet Social :
    • Conditions de fabrication Qui a pratiqué la couture, la teinture et le délavage et surtout dans quelle condition ? Pas facile de le savoir !… Le pays de fabrication donne des indications sur la probabilité de condition de travail dégradée ou même de travail forcé et/ou d’enfants… La marque renommée amène quand même quelques garanties car le risque de réputation est plus élevé pour eux, même si…
    • Process de production : Quelle teinture, quel procédé de délavage (sablage, pierre ponce, permanganate de potassium), etc ? Certains procédés sont très nocifs pour la santé…
    • Producteur : Quel revenu pour le producteur de coton ? coton équitable ou non ?
  • Le volet Economique :
    • Prix : quel est le « juste » prix lié à la qualité globale du pantalon (créativité, temps nécessaire à sa fabrication, matériau, etc.) ? Avec les promos, les soldes, les ventes privées, … on trouve les mêmes jeans avec un prix qui varie du simple au double… difficile de s’y retrouver !
    • Rémunération : quelle part du bénéfice revient à qui,, par rapport à sa contribution  ? est-elle « raisonnable » entre la marque conceptrice, le producteur, le tisseur, l’atelier de couture, le blanchisseur / assouplisseur, le transporteur, le grossiste, le détaillant…(commerce équitable, distributeurs « responsables »)

Ca parait compliqué … mais en résumé le plus facile est de :

-Questionner votre interlocuteur et éventuellement aller regarder les infos Développement Durable publiées certes par votre marque préférée mais aussi par la presse…

-Regarder le produit :

  • le lieu de fabrication
  • Type de vêtement (marque, matériau, « effets », accessoires, etc.)
  • Label éventuel

-Aller dans des boutiques ou acheter les marques qui se revendiquent comme « responsables »

A ce sujet, Lyon a lancé le label « Lyon, ville équitable et durable » qui récompense des entreprises engagées dans une « démarche équitable et responsable vis à vis de l’environnement et des citoyens ».

Parmi les 80 entreprises déjà labellisées il y en a un certain nombre du secteur de la mode…

Enfin, les questions de Développement Durable continuent après l’achat… par l’utilisation que l’on va faire de ce jeans … lavage (tous les combien et à quelle t°) / séchage en machine (oui ou non) / repassage (oui ou non…) / fin de vie (don ou poubelle). (NDLB : on n’a donc pas fini de se poser des questions, tout au long de la vie du vêtement ! )

4 – Peux-tu nous en dire un peu plus sur les différents labels existants, auxquels se fier, que regarder sur les étiquettes ?

Globalement, par rapport à ce que j’ai décrit précédemment, le gros souci est le manque d’informations sur la plupart des critères environnementaux, sociaux et économiques. C’est ce qui nuit au choix « éclairé » du consommateur. Ce problème peut être en partie résolu par les labels, qui sont de très bons outils, mais seulement en partie…

En effet, si on peut globalement se fier à eux, il faut juste savoir prendre certaines précaution car

1/ ils ne prennent pas tous les impacts en comptes et

2/ ils ne sont pas tous indépendants et donc crédibles…

Voici par exemple 3 sites qui en parlent très bien et donnent des informations utiles :

http://seme.cer.free.fr/ecologie-feminin/labels-ecologiques.php

http://www.mescoursespourlaplanete.com

http://www.consoglobe.com

Et quelques marques exemplaires :

-VEJA (chaussures)

-Bionat (chaussures)

-Look Zippy (Tee Shirts)

-Idéo (Jeans)

-Machja (Jeans)

5 – Alors si j’ai bien compris, pour acheter DD, il vaut mieux acheter moins, des articles plus chers (et du coup attendre les soldes si on ne peut pas dépasser son budget) et acheter « intelligent » (se poser les bonnes questions, optimiser sa garde-robe, donner, acheter des vêtements seconde main …) ?

Grosso modo, oui, sauf que je ne le formulerais pas tout à fait pareil… 😉

Déjà, je ne dirais pas « acheter moins » mais plutôt « acheter plus utile »… même si je sais que faire du shopping, c’est justement ne pas acheter que ce dont on a besoin … (NDLB : zut, démasquée)

Je ne dirais pas « acheter plus cher » mais « acheter au juste prix » (pour paraphraser la super émission de notre enfance ;-)), ou autrement dit « à un prix raisonnable » (NDLB : raisonnable … ça me dit  vaguement quelque chose … ;-)).

Par exemple, pour un tee shirt à 2 euros, on peut se dire que quelqu’un d’autre a forcément payé le reste du prix, que ce soit le producteur de coton, le transporteur, ou l’environnement…

Inversement, un prix élevé ne signifie pas non plus « exemplaire en DD »… attention à ceux qui surfent sur la tendance et « chargent » les prix sur des produits « dits écolos… », qui en plus ne le sont pas toujours !

Pour finir, je dirais aussi « acheter intelligent », car sur la mode et le DD, quoi de plus simple pour des experts du shopping que d’en connaître un rayon… 😉

Un grand merci à  Olivier d’avoir répondu à ces questions.

Alors, est-ce que cela vous a intéressé ? Quels principes appliquez-vous déjà ?

Pour ma part, j’ai déjà repéré dans la liste des commerces lyonnais labellisés, un pressing écolo que je m’en vais tester sous peu !

Et allez voir chez Kaamiye, qui nous présente une jeune marque de sneakers écolos, mix entre Converses, Feiyue et Bensimon et qui ont le mérite d’être DD : les Faguo !

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17 réflexions sur “Consom’action

  1. Très intéressant !
    C’est effectivement dur de concilier les envies non nécessaires et le bien être de ma planète !
    Je suis un peu désespérée quand je vois des marques plutôt chères qui fabriquent en chine (genre pour les enfants, okaidi, 20€ la robe fabriquée en chine en taille 18 mois, c’est un peu abusé…).
    C’est vrai que déjà quand je vois des vêtements fabriqués au maghreb, je trouve ça déjà plus proche (c’est quand même pas loin !) et puis potentiellement, ça fait peut être travailler de la famille de gens qu’on connait ;p ).

    Quand tu vois du bio fabriqué en chine (et donc qui vient de là bas), ça m fait un peu frémir… (mais peut être que c’est vraiment du bio bien fait avec les droits des gens respectés et les colis viennent dans des bateaux bien entretenus qui ne polluent pas… Ouais ok j’aime bien les bisounours aussi !).

    Et pour finir, Veja fait vraiment des supers baskets (et j’ai eu du mal à le faire comprendre à famille le concept du produit équitable… plutôt du genre à se dire que c’est une arnaque, snif, il n’y a plus d’espoir en ce bas monde).

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    • Bonjour merilee et bienvenue !
      Je suis allée faire un tour sur ton blog : la voiture qu’a bricolé le grand-père de Chacha est incroyable !!!
      Je n’ai pas de système de news et je vais m’y pencher…
      Si tu veux me suivre, tu peux le faire via mon flux RSS sur Netvibes ou via Hello Coton.

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  2. Pas évident lors d’une séance shopping de poser toutes ces questions à la vendeuse! Qqun veut tester chez Kookai? ;o)
    Je ne suis pas sûre que les vendeuses puissent répondre…

    Donc l’idée c’est de préparer son shopping avant, de chercher des infos sur la marque, bref anticiper vraiment ses achats.
    Arghh, plus d’achat compulsif, ou alors chez Véja ;o)
    Oui, je sais, ça devrait être ça le bon comportement, mais pas facile qd meme!
    Très bon article qui permet de se poser des questions intéressantes!

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