Les feux de l’amour à la maternelle bis

Grande Soeur est in love avec L.

Du genre le Big Love : cela fait plus d’un mois que ça dure (un record quand on la connaît), à vouloir l’appeler dès qu’arrive le week-end, à espérer le croiser au détour d’un square, à être déprimée lorsqu’il est absent une demi-journée et à nous le faire payer à la maison en pleurant pour un rien ou en tyrannisant Petite Soeur.

Pendant les vacances, elle a gardé précieusement la petite photo prise des deux tourtereaux par la maman de L. sous son oreiller…

Mais avant de vouer un AESD à L., Grande Soeur en pinçait pour E. qui déguisé en clown lui faisait des blagues pour la faire rire (hum, pas très original à mon goût, ce E.) ou pour M. qui a eu le bon goût de se déguiser en diable tout comme elle pour le carnaval (destinée ?), ou encore E. (un autre) qui est parti au même endroit qu’elle en vacances (« un endroit avec deux grandes montagnes, c’était forcément au même endroit que nous, hein, dis Maman ? « ) mais pas au même moment (celui-là manque un peu de chance, non ?).

Quand je pense que Grande Soeur n’a pas encore 6 ans : je sens que l’adolescence va être loooongue !

Grande Soeur en mode confidence à sa maman :

« Avec des copains à l’école, on cherche un moyen de s’enfuir. »

Maman qui se dit que c’est un sentiment qui ne va qu’empirer avec les années et preneuse de toute idée qu’elle pourrait appliquer sur son lieu de travail :

« Ah oui, et vous avez pensé à quoi ? »

Grande Soeur, très froidement :

« On a pensé à faire tomber un arbre sur les maîtresses pendant la récréation pour pouvoir partir sans qu’elles nous rattrapent. »

Finalement ça va pas le faire pour le boulot 😉

Grande Soeur qui découvre la vie :

« Maman, A. m’a dit comment on faisait les bébés »

Maman qui se dit que finalement ce A. est beaucoup trop instruit pour son âge  (rappelez-vous, A. sait lire)et que point trop n’en faut, non mais oh, où est la pédale de frein de ce foutu temps qui passe et de ces enfants qui grandissent trop vite ? Et que pourvu qu’il n’ait pas raconté n’importe quoi et que je ne sois pas obligée de vraiment lui expliquer comment on fait !

« Alors, comment on fait les bébés ma chérie ? »

Grande Soeur, le plus sereinement du monde :

« Le papa a une graine dans son zizi qu’il met dans la zézette de la maman : la graine se transforme en bébé dans le ventre. » Mais qu’il est fort cet A : j’aurais pas fait mieux !

Maman à Papa le soir :

« A. a expliqué à Grande Soeur comment on faisait les bébés »

Papa, curieux (pas de savoir comment on fait les bébés, hein) et intrigué (toujours pas de savoir comment on fait les bébés, vraiment) à Grande Soeur :

« Alors comme ça tu sais comment on fait les bébés ? »

Grande Soeur, spontanément  :

« Ben oui, on fait comme ça (se couchant sur le dos et agitant les bras et les pieds) : ouin ouin, ouin ouin ! »

Dans le square, à un petit garçon secrètement amoureux d’elle – oui, encore un quand je vous disais que l’adolescence allait être dure  et cherchant à lui faire des bisous quand elle ne s’y attend pas, Grande Soeur déclare :

« ok, je joue avec toi mais tu arrêtes de me faire le coup du bisou »

Le petit garçon, prêt à faire des concessions (autant qu’il s’habitue tout de suite) :

« bon d’accord, je te ferai plus le coup du bisou mais le coup du bébé »

Maman manquant de s’étrangler (mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec les bébés, m’enfin ???) :

« Et c’est quoi ce coup du bébé ? »

Grande Soeur, calmement :

« C’est simple, quand je ne m’y attends pas, il me saute dessus (crise cardiaque) et imite un bébé ! »

Ben oui, c’est pourtant clair, non ? 😉

Petite Soeur a 3 ans et a quelques soucis pour se faire comprendre.

Ainsi, elle ne sait pas dire les R, qu’elle remplace par des blancs (la po-te pour la porte), ni les L, qu’elle prononce « i » (iaure pour Laure), et encore moins le son « tr » qu’elle traduit par le son « k » mais globalement, il n’y a pas de règle. D’où la nécessité d’un décodeur et de beaucoup d’imagination.

Allez, on commence par un facile :

Petite Soeur : « pou-quoi la pitite fi elle pieu-e ? » [pourquoi la petite fille, elle pleure ?]

Maman : « parce qu’elle est très triste »

Petite Soeur : » pas moi, zamais ze pieu-e paque ze suis zamais t-è t-i-te. » [pas moi, jamais je pleure parce que je suis jamais très triste]

Z’avez compris le principe ? Alors on continue :

Maman : « qu’est-ce que tu caches dans ta main ? »

Petite Soeur : « un kuc ! »

hé hé, alors ?

Mais parfois, les règles changent :

Adulte à l’approche de Noël : « alors, qu’est-ce que tu as commandé au Père Noël ? »

Petite soeur, fièrement : « au pè-e Noielle, z’ai demandé une coquillette ! » (oui, on était un peu ric-rac à Noël) (mais non, elle voulait dire « trottinette » : quand je vous disais qu’il n’y avait pas de règle !)

Petite Soeur, regardant sa maman, en pleine rue, très fort : « qu’est-ce que t’as sur ton fion ? »

Maman, très gênée mais très fort aussi parce que bon, on a sa dignité : « tu veux dire sur mon fRont, c’est ça ???? »

Petite Soeur, imperturbable et toujours très fort : » oui, c’est quoi sur ton fion ? »

Ben oui, au fait, qu’est-ce que je peux bien avoir sur le front, moi ???

Maman retenant Petite Soeur prête à se jeter sur le plat de frites (oui, c’est pâtes ou patates chez nous) : « attends, il faut que je les sale un peu avant »

Petite Soeur, logique : « mais nan Maman : ze veux des f-ites p-opes, moi ! [Enfin Maman je m’insurge : je veux des frites propres, moi »]

😉

sous-titresLe dernier mot, c’est « portable » mais Grande Soeur a bloqué sur le son « ble »

Il s’agit de sa première prose : sans modèle et en phonétique mais belle fierté quand même !

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13 réflexions sur “Les feux de l’amour à la maternelle bis

  1. mouarf, presqu’aucun problème pour la traduction du langage 3 ans (sauf la trotinette, j’avoue :p ) mais ça aide d’en avoir une de presque 4 ans qui est passée par là, il n’y a pas longtemps (ah j’adorais quand elle me disais »j’ai le nez qui « couille » au lieu de coule…. 😀 ).

    la logique enfantine est quand même excellente, on est trop cadré dans nos pensées quand on est adulte ^_^

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  2. les chroniques de Toscane et Garance font des émules, on dirait ! on ne peut que s’en réjouir !!
    j’A-DOOOORE !!! magnifique !
    et ce n’est que le début, donc… bon courage pour la suite, hein !

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  3. @Waffo : mais oui, moi aussi elle dit « j’ai le nez qui couille » mais ça ne m’a jamais frappée avant !
    @Suzette : le coup de l’arbre m’a beaucoup fait rire en effet, et tout ça dit avec une telle évidence !
    @Gloria : 😉
    @Clairette de Die : le pire reste à venir, je le crains 😉
    @Mademoiselle S – La vie de brioche : c’est le moins qu’on puisse dire car le quotidien est un vrai festival !

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  4. Pingback: Un peu de LiLiclafouti ? « Thé vert, haricots rouges

  5. Un kuq ? Trouvé ! Un truc ! Ou comment éluder une question… déjà à cet âge-là ! Elle a l’étoffe d’une politicienne ta fille !

    Et la coquillette, trop marrant, elle coûte pas cher à l’entretien ta fille ! Comme disait Coluche, dites-nous de quoi vous avez besoin, on vous dira comment vous en passer…

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  6. Pour ma part, je m’entraine au décryptage d’une vraie petite chipie de 2 ans (cf ma petite cousine). Et bien ça donne !

    en tout cas, j’ai beaucoup rit avec cette histoire de fion. euh, de front je veux dire.

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